Quelle place reste t-il à nos retraités dans la société française, eux qui ont participé activement à
la richesse de notre pays par leur travail à la création d’une nation prospère pour les générations futures mis à mal par nos politiques et le grand capital ?
Il faut rappeler que la retraite a permis la conception des progrès de civilisation, qui ont
permis de travailler moins longtemps.
Le temps consacré à la retraite n’a cessé de s’allonger sans pour autant remettre en cause la
capacité de croissance du pays.
Les retraités ne vivent pas aux dépens des actifs, ils participent au développement de l’activité
de l’ensemble de la collectivité et de la croissance et avec les retraités 279 milliards d’euros réinjectés dans l’économie française.
Pression sur les salaires et les pensions, réduction des dépenses sociales, des services publics,
augmentation des dépenses de santé, d’énergie, des aliments de première nécessité, des cotisations des mutuelles, de la liste de médicaments non remboursables, crainte sur les hôpitaux de
proximité et les soins des personnes ayant des pensions aux niveaux du seuil de pauvreté, etc…
Voilà le résultat des plans d’austérité, partout où ils ont été mis en place ils nous
conduisent tout droit vers un accroissement encore plus grand des inégalités qui sont au cœur de la crise.
De tout côté : politique, presse, journaux télévisés, on nous dit, il y a la crise, du
déficit, la dette, on ne peut plus continuer comme ça, il faut réduire le déficit, les dépenses publiques, etc… D’après ces mêmes sources, ça serait dû d’un excès de services publics et des
largesses de la protection sociale.
Petit retour en arrière : en 1993 les dépenses de l’état représentaient 25 % de PIB. En
2008, elles n’en représentaient que 20%, environ 5,5 points de moins. D’où viennent ce déficit et cette dette ? :
D’une politique de tous les gouvernements qui depuis 30 ans allègent l’impôt des plus riches et
la prise en charge de dépenses pour le patronat à quoi s’ajoute le coût du renflouement des banques de la crise financière de 2008.
On peut aussi parler des recettes de l’état : en 1982 les recettes représentaient 22,5 du
PIB. En 2009 elles ne représentaient plus que 15,1 % du PIB, soit un recul de 7,4 points de PIB.
Ce qui représente 142 milliards d’euros, s’il n’y avait pas eu des flopées de cadeaux en
faveur des hauts revenus et des sociétés, il serait rentré 142 milliards d’euros de plus dans les caisses de l’état en 2009, soit l’équivalent de déficit de cette année : 142,5 milliards
d’euros, idem pour les années suivantes.
S’il n’y avait pas eu ces allègements fiscaux injustes, il n’y aurait Ni dette, Ni
déficit.
Une dette fabriquée en 30 ans au bénéfice des capitalistes !
On ne va pas revenir sur les cadeaux de Sarkozy aux entreprises : 15 milliards.
L’état prend aussi en charge les exonérations des cotisations sociales consenties aux
entreprises, coût : 22 milliards d’euros par an.
Durant la période 2007-2009, le déficit et la dette ont explosé : 51 milliards d’euros de
déficit en 2007 - 142,5 milliards d’euros en 2009 – 1212 milliards d’euros de dettes en 2007 – 1493 milliards d’euros en 2009.
Tout ça concerne les sauvetages des grandes entreprises et les banques.
En 201O, le déficit est de 136,5 milliards d’euros et au 31 mars 2011, la dette est de 1646
milliards d’euros.
Cette dette ainsi accumulée a financé les cadeaux fiscaux des plus riches, les allègements au
patronat et les renflouements des banques.
Cette dette n’est en rien celle des retraités et du peuple.
La dette de l’état est une bonne affaire pour les spéculateurs et les banques, qui a
produit 45 milliards d’euros d’intérêts en 2010, tandis qu’une grande majorité du peuple se serre la ceinture.
5 millions de retraités touchent entre 800 et 11OO euros par mois, 4 millions touchent le minimum
contributif 608,15 euros dont 40 % d’entre eux ont effectué une carrière complète.
En 2009, sur 535 000 départs à la retraite, ce sont 203 000 salariés qui sont partis
avec le minimum contributif, ça représente 38 % des départs en retraite.
Selon les statistiques réalisées par la caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV), 25 % des
hommes et 5O % des femmes partent à la retraite aujourd’hui avec le minimum contributif.
64 % des femmes ont une retraite inférieure à 95O euros voire inférieure à 75O euros pour 3O %
d’entre elles.
Pour la grande majorité des retraités, la question cruciale qui les minent chaque mois, c’est
après avoir tout le compte des dépenses obligées, que reste-t-il pour vivre ou survivre, faute d’argent ; plus de 14 % des retraités renoncent aux soins.
Pour beaucoup, le reste à charge dans la part des dépenses de santé augmentent au fur et à mesure
des déremboursements de médicaments, du désengagement de la sécurité sociale et des mesures gouvernementales, des dépassements d’honoraires.
De plus en plus de retraités sont placés devant des choix cruciaux. Choisir entre : se
nourrir ou se soigner, se nourrir ou se chauffer, se soigner ou se chauffer.
Logement, chauffage, énergies, médecin, dentiste, mutuelle, des dépenses plus lourdes. Tout
devient un luxe. Depuis quelques années, on voit de plus en plus de retraités pousser les portes des associations caritatives.
De réformes en réformes, les retraités dans leur grande majorité, s’appauvrissent et le
gouvernement poursuit ses agressions avec de nouvelles dispositions qui visent à les entraîner vers encore plus de misère.
Le projet de loi 2012 de financement de la sécurité sociale, la taxation des mutuelles,
participent à cette logique régressive contre toutes les générations de retraités.
Les dispositions des réformes Balladur et Fillon en 2003 ont conduit à une baisse généralisée du
niveau de vie des retraités, la réforme de 2010 n’a fait qu’amplifier les dégats.
S’organiser pour gagner.
La syndicalisation et les luttes doivent continuer pour les futurs retraités qui quittent les
emplois, car la vie continue une fois passé les portes de leur entreprise.
Actifs et retraités unis pour faire aboutir leurs revendications et être ainsi plus efficace pour
leur aboutissement.
Pas de solution sans
action.
Pas de pause pour les mobilisations.
Pour le PCF, comme pour les salariés et retraités, c’est aujourd’hui que se font des choix, c’est aujourd’hui que les conditions de vie se dégrade, c’est
donc aujourd’hui que les mobilisations porteuses de revendications vont permettre de gagner.
N’attendons pas 2012 pour parler du social !
Claude Reignier,
Membre du bureau de section du PCF du Jarnisy.
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