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La droite a lâché ses fauves. Tels des loups, ils attaquent en
meute, nous délivrant le triste spectacle d’un entre-deux-tours qu’on aurait aimé ne pas connaître. Nicolas Sarkozy multiplie les provocations pour se rallier les suffrages des électeurs
du Front national, plus gesticulant que jamais, le rictus hargneux contre les fonctionnaires, ces travailleurs « à statut » qu’il oppose aux « vrais
travailleurs », contre les chômeurs, forcément « assistés », contre les immigrés, contre François Hollande et les autres forces de gauche, Jean-Luc Mélenchon, Eva
Joly… Il choisit de déployer une stratégie de sidération du corps électoral qui ne peut servir, à terme, qu’à ériger un nouveau tremplin pour le Front national.
Les Fillon, Copé, Bertrand, Guéant, Kosciusko-Morizet, tous en ordre de bataille, dégainent en rafale. Le tir de boulets s’est concentré sur la CGT, Xavier Bertrand se permettant une attaque personnelle plus que déplacée sur la façon dont Bernard Thibault « s’occupe de son organisation ». Jean-François Copé, en chef de groupe, a osé demander que le temps de parole de la confédération syndicale soir décompté de celui du candidat PS. Ces flots de haine sont calculés, insupportables, mais ils révèlent en creux le poids du premier syndicat de France, qui vient d’appeler – la FSU l’a fait aussi – à battre Sarkozy le 6 mai, estimant nécessaire « pour le progrès social » d’élire un nouveau président de la République.
En toute chose, il faut savoir raison garder, dit le proverbe. En jouant la démesure, la droite montre ce dont elle est capable. Du pire. Elle révèle aussi sa peur panique de perdre la présidentielle, d’être ratatinée aux législatives, d’exploser en vol sitôt le deuxième tour passé. Il ne faut pas se laisser impressionner. Ni se laisser enfermer dans les contrevérités qui veulent faire croire, par exemple, que le vote des étrangers serait forcément « communautaire » ou que les immigrés seraient à l’origine des déséquilibres des comptes sociaux. Le piège, s’est de se laisser mettre sur la défensive et de retomber dans les ornières qui laissaient toute la place aux idées du Front national.
"La droite s’affole. Elle montre son vrai visage dans l’agressivité et ce qui s’apparente désormais à une stratégie de tension délibérée." Elle tombe toujours plus bas, et n’a plus que la haine comme ultime stratagème.