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3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 16:53

http://static.skynetblogs.be/media/158727/dyn009_original_400_400_pjpeg_2598211_814ebf9366318f9300c7ac4f2afe0b47.jpgNous vivons une époque de globalisation et de crise économique. Le commerce de proximité et l'artisanat local sont les seuls éléments à ne pas subir de délocalisation. D'ailleurs, ils n'ont pas vocation à être délocalisés et génèrent malgré tout de l'emploi. Ils symbolisent par leur offre et leur diversité commerciale, l'attractivité de certains quartiers et du centre ville et ont un effet bénéfique sur la vie économique et sociale de celle ci . Son dynamisme peut être propice à d'autres créations de petites et moyennes entreprises commerciales et de services, et ainsi accentuer la richesse économique, culturelle et sociale. Au delà des salons et expositions où chacun expose son savoir faire et prouve que nous avons tout ce qu'il nous faut à notre porte , l'acte d'achat demeure un élément et un soutien essentiel à la vie économique d'une ville. Sinon, où iront s'approvisionner les personnes qui n'ont pas de véhicule, les personnes âgées, les personnes à mobilité réduite ?

Eric Monnini

membre du bureau de section du jarnisy

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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 14:01

http://referentiel.nouvelobs.com/file/2684021.jpgLes marchés et les spéculateurs font régner leur dictature en Europe et dans le monde. Pour rester maîtres du jeu, ils disposent de relais leur permettant de mener leur sale besogne avec au premier rang, les agences de notation. Elles sont généralement présentées comme des institutions privées compétentes. Ces agences, c’est quoi ?

Trois principales agences de notation font la pluie et le beau temps : Standard & Poors’, Moody’s et Fitch Ratings. Toutes sont nord-américaines. La première est une filiale de l’empire McGrow-Hill, entreprise basée à New-York spécialisée dans le bâtiment, l’édition, les médias et cotée en bourse. Elles se sont distinguées pour ne pas avoir prévu aux USA l’effondrement  de l’immobilier (subprimes), la faillite de la banque Eron, la crise financière mondiale. Les conseils d’administration de ces agences sont remplis d’hommes d’affaires, des hauts fonctionnaires, de personnalités du monde politique, économique et militaire des Etats-Unis. Ce sont ces gens-là qui distribuent les bons et les mauvais points aux Etats facilitant ainsi la spéculation sur les pays en difficultés. Ces rapaces organisent entre eux la curée provoquant dans un premier temps le surendettement, le diagnostiquant dans un deuxième mouvement, avant de fondre sur la proie pour en finir avec les restes.

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 19:29

http://www.lequotidienalgerie.org/wp-content/uploads/2011/02/GERIN.jpgNous sommes vraiment un peuple de fainéants. Non seulement nous voulons travailler moins et gagner plus, mais aussi préserver notre retraite à 60 ans, mais encore pouvoir nous reposer lorsque nous sommes malades. J'en passe et des meilleures. C'est clair : les responsables de la crise, c'est le peuple. Normal, dès lors, qu'un gouvernement adulte et responsable nous mette au pain sec et à l'eau. Le peuple de France doit retrouver sa ligne pour obtenir des A partout. Ruinés, peut-être, mais bien notés, c'est l'essentiel.

 Je caricature pour montrer que les problèmes économiques, la crise de la dette, de l'euro, de l'Europe, ne sont pas des questions techniques mais relèvent bien de choix politiques, de choix de classe, un choix de civilisation. Il y a trente ans, les ogres de la finance ont décidé qu'il fallait cesser de dépenser de l'argent pour produire en France. Au diable nos industries ! Nous entrions dans l'ère nouvelle de la prospérité post-industrielle. Nous connaissons tous l'histoire du roi nu. Grâce à leur réputation, d'habiles tailleurs ont fait croire à un peuple qu'ils habillaient leur roi avec les plus beaux vêtements, alors qu'il le laissait nu comme un vers. Dans sa candeur, c'est un enfant qui a pu s'esclaffer : « mais le roi est nu ! »

 On essaie toujours de nous faire croire qu'en déshabillant la France, nous pourrions, plus tard, vivre mieux que mieux. Depuis Giscard on nous promet « le bout du tunnel ». Les promesses de lendemains qui chantent ont fusé de toutes parts, toujours assorties d'une même rangaine : il faut d'abord commencer par en baver. L'expérience est là : ces politiques conduisent à l'abîme.

 Une authentique politique de gauche devrait enfin s'imposer. En tout premier lieu, il faut dénoncer le dogme de l'argent pour l'argent et la dictature de la finance. En second lieu, la France doit reconquérir son indépendance, sa souveraineté économique et monétaire, se libérer du fardeau de la technocratie européenne. Ensuite, elle doit conquérir une maîtrise démocratique de la finance en nationalisant le secteur bancaire et financier, afin de mener une politique de relance industrielle pour des productions utiles, créatrices d'emplois.

 Ce ne sont pas les idées qui manquent. Force est même de remarquer qu'elles sont assez largement partagées et débattues par nos concitoyens. C'est quelque chose que j'observe régulièrement dans mes rencontres, notamment avec les salariés et les syndicats des entreprises de la circonscription. Mais le moins que l'on puisse dire, c'est que la volonté politique n'est pas au rendez-vous pour rompre avec le capitalisme.

 Que va-t-il se passer ? Connaîtrons-nous des déflagrations sociales et politiques en France et en Europe ? Seules certitudes : face aux super-riches, qui volent la France, et au capitalisme prédateur, qui enfonce les peuples dans une crise sans précédent, il n'y a que le mouvement populaire, qui puisse donner le coup de balai salutaire. L'heure est à l'insurrection. Toute ma conviction communiste consiste à travailler à l'émergence de ce mouvement, pour que le peuple de France mette les pieds dans la plat et reconquière sa souveraineté.

André GERIN

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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 22:07

http://static.ladepeche.fr/content/photo/biz/2011/11/29/201111291022_zoom.jpgDe plus en plus de communes doivent faire face aux impayés de la cantine. A Ruffec, en Charente, le système mis en place provoque un tollé.

 

RUFFEC (CHARENTE), HIER. Le maire de la commune, Bernard Charbonneau, est à l’origine de cette mesure : un écran sur le mur de la cantine affiche des nounours verts, bleus ou rouges, indiquant si les parents ont, ou non, réglé la facture.

 

2

On avait déjà vu des enfants mis au pain et à l’eau parce que leurs parents tardaient à payer la cantine. A Saint-Herblain (Loire-Atlantique), deux collégiens se sont vu privés de livres à la dernière rentrée… pour les mêmes raisons. Chaque fois, ces décisions municipales soulèvent un tollé. Ruffec, bourgade charentaise de quelque 5000 âmes, menée par un maire divers gauche excédé par le montant des impayés de cantine, a inventé un nouveau concept.

 

Une mesure jugée discriminatoire

Pointer sur un tableau à la cantine, avec une panoplie de bouilles d’oursons, verts, bleus ou rouges, accolés aux noms des enfants, les bons, les moyens et mauvais payeurs. L’initiative de l’édile, qui plaide n’en avoir pas mesuré les conséquences, a provoqué les larmes d’enfants qui se voyaient ainsi stigmatisés et la fureur des parents d’élèves locaux.

Faut-il en imaginer des oursons jugés de toute part « injustes, psychologiquement dévastateurs et dangereux pour la paix sociale »? Et pourquoi ne pas demain pointer du doigt d’autres récalcitrants du chéquier? A l’étranger, des sociétés de recouvrement privées ne s’embarrassent déjà plus de ces principes pour harceler publiquement les mauvais payeurs en tout genre.

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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 19:46

http://www.lepoint.fr/content/system/media/1/200903/39082_une-billets--dette.jpgLa fraude fiscale, on connaissait : elle est estimée entre 2 et 2,5% du PIB, soit entre 38,74 et 44,42 milliards. Sur un budget annuel de 320 milliards, c’est énorme, en effet. Faute de la combattre, l’UMP engage la lutte…contre la « fraude sociale ». Quèsaco ? Il s’agirait de la fraude aux caisses de protection sociale : alarmiste, l’UMP annonce « 20 milliards de fraude sociale » et fait croire qu’il s’agirait de fraude des particuliers, prestations perçues indûment en indemnités maladie ou en « aides sociales ». Mais les rapports démontrent vite que celle-ci est minime : 0,1% des 66 milliards versées chaque année, quelques millions d’euros et non pas des milliards.

Ca ne fait rien, la manipulation est à l’œuvre : plutôt que de s’en prendre aux chefs d’entreprise qui ne versent pas de cotisations sociales, qui multiplient le travail dissimulé, le parlement s’apprête à prendre des mesures avec un projet « d’amende contre les salariés en cas d’arrêt maladie abusif ». Actuellement, un salarié qui se fait prescrire un arrêt de travail bénéficie d’indemnités journalières. En cas d’interruption prolongée, il passe alors devant un médecin-conseil de la Sécurité sociale qui peut mettre fin à ces indemnités s’il estime cet arrêt abusif. Jusque là, dans 90% des cas, les indemnités étaient reprises, maintenant, en plus, une amende sera imposée. « Le gouvernement oublie de rappeler que ce sont les médecins qui prescrivent la durée des arrêts maladie: ce ne sont donc pas les malades qui doivent être tenus responsables d’un arrêt qui semblerait injustifié » répond la FNATH.

En dix ans, la droite agit en ce sens : au lieu d’intensifier les contrôles contre les employeurs, elle a accru les possibilités de contrôle des employeurs contre les salariés (loi du 18 décembre 2003). La loi  du 13 août 2004 a renforcé les contrôles de la Sécu elle-même. Dans la même veine, la droite a supprimé en 2008 la non-imposition des indemnités journalières pour accident de travail (150 millions pris aux victimes d’accident de travail). Elle envisage en 2012 de baisser le niveau des indemnités journalières et semble n’y renoncer qu’en mettant en place un « quatrième jour de carence » non payé lors des arrêts maladie : une « franchise » de 400 millions d’euros imposée aux salariés concernés.

Comme si c’était là qu’il fallait chercher la solution pour faire face aux centaines de milliards des pseudo-dettes. C’est un choix de classe : laisser s’enfuir les milliards de la fraude fiscale des entreprises, s’acharner sur quelques millions de la prétendue fraude des salariés.

 

Par Gérard  Filoche

Inspecteur du travail

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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 18:20

http://duthoit.org/media/blogs/ADRES/Actualites/janv2011/melanchon.jpgL’homme de l’opposition

 

« Jean-Luc Mélenchon [….] préfère voir Nicolas Sarkozy rempiler à la tête de l’Elysée. La victoire de François Hollande, obtenue malgré lui, marginaliserait encore plus son Front de gauche. Alors que celle du candidat de la droite permettrait à cette gauche de la gauche de se poser en formule de rechange de l’opposition […] mais peu lui importe l’intérêt général de son camp, seul compte celui de sa petite épicerie »

 

De Jean-Luc Guénod, de la Tribune de Genève

article repris dans Courrier International

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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 18:18

http://www.alterinfo.net/photo/art/default/3414309-4911116.jpg?v=1320686609La suite présidentielle de l'hôtel Majestic de Cannes est plutôt sympatoche. Faut pas déconner.   Ok, un chef d'Etat ne doit pas dormir dans un Formule 1, il y a la sécurité et  tout ça, mais s'offrir une suite présidentielle à 37000 € dans le contexte actuel nous semble être un foutage de gueule à la hauteur du mépris pour les gens ordinaires. C'est pourtant ce que nous apprend le journal italien Corriere. Ça prouve que la majorité actuelle est hors sujet, qu'elle est complètement et totalement déconnectée de la réalité et que certains symboles valent plus qu'un long discours.  C'est à proprement parler un scandale. La crise est donc un concept aléatoire, qui s'applique à une seule catégorie de personnes et qui ne s'applique pas à d'autres catégories. Pourquoi alors le premier ministre anglais, Cameron, s'est offert une nuitée à seulement 1920 €?   Seulement...   Un ouvrier quelconque d'une usine quelconque ne gagne pas ce chiffre en 1 mois.

 Et pendant ce temps, Fillon nous parle de rigueur. Le monde à l'envers.

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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 11:01

http://www.heraldique-europeenne.org/Regions/France/Blasons/Lorraine.gifLe Magazine de la rédaction de France Inter, Interception, a diffusé dimanche 20 novembre un reportage consacré au glissement du vote ouvrier du "rouge" vers le "Front national" à partir d’une enquête réalisée en Moselle, plus précisément à Gandrange et Florange sur le site d’Arcelor Mittal, mis à l’arrêt "momentanément".

Indépendamment de ce que l’on peut penser du « Front National » ou du « vote ouvrier », je trouve ce reportage raté et abusif. Il ne cherche pas à restituer une situation pour permettre à l’auditeur de comprendre, mais à illustrer une thèse et une analyse que les journalistes de France Inter ont déjà effectuées et qu’illustre le titre de l’émission comme son accroche : « Du rouge au Front : Lorsque le vote ouvrier se tourne vers l’extrême droite... du Parti Communiste au Front National, une voie de passage observée par Julie Pietri ». L’affirmation est d’autant plus abusive que le commentaire du reportage lui-même la dément au bout de quelques secondes d’émission !

On entend en effet l’affirmation suivante (très juste cette fois) : « la Moselle vote traditionnellement à droite ». Si la Moselle vote traditionnellement à droite, la radicalisation d’une partie du corps électoral vers l’extrême-droite, en période de crise, est d’une rare logique (c’est aussi la démonstration de l’article académique cité en appui du reportage consacré au vote ouvrier sous la Vème République : chez les ouvriers communistes, le déclin du PCF s’accompagne d’un glissement vers l’abstention. Chez les ouvriers qui votaient à droite, la crise économique les pousse à voter à l’extrême-droite). Alors pourquoi ce titre : « Du rouge au Front » ? Pourquoi laisser entendre qu’il existe une voie de passage entre « communisme » et « Front national » ?

Avant d’y répondre, quelques rappels qui montrent encore une fois la légèreté de France Inter et son amateurisme dans l’investigation sociologique.

Le reportage cherche une illustration à une question dont il connaît déjà la réponse, cela donne une réduction de la Lorraine à la Moselle et de la Moselle à Gandrange. Cela donne une journaliste qui s’acharne à tirer des vers du nez d’électeurs de gauche et un aveu d’extrême-droite, même lorsque ces derniers ne cessent de dire qu’ils n’iront pas jusque là. Or la Lorraine est un territoire hétérogène, de la même manière qu’un électeur ne se prononce pas politiquement avec le même degré d’engagement qu’un sympathisant, un adhérent ou un militant.

Le reportage accumule les poncifs habituels « Lorraine = sidérurgie ». Ce n’était déjà pas le cas au plus fort du « Texas Lorrain » dans les années 1950 où les industries de la sidérurgie, des charbonnages et du textile regroupaient à peine le tiers des ouvriers lorrains de l’époque. Ça ne l’était pas non plus au fort de la crise en 1978-79 même si dans les bassins de mono-industrie comme à Longwy-Villerupt, dans la Vallée de la Fensch ou de l’Orne, la sidérurgie représentait tout. Ça l’est encore moins dans cette partie de la Moselle proche du richissime Luxembourg qui voit des dizaines de milliers de frontaliers faire la navette tous les jours pour gagner des salaires (de l’ouvrier au cadre bancaire) nettement supérieurs aux salaires français.

La représentation « misérabiliste » de la Lorraine par les médias parisiens est une constante depuis la fin des années 1970. C’est une manière d’en rajouter aux situations de détresse que connaissent les ouvriers licenciés et qui rend très peu justice à leurs points de vue ou à leur combat.

La Lorraine est historiquement une région très conservatrice et très catholique. C’est précisément ce qui explique une implantation très tardive du mouvement ouvrier, a fortiori du mouvement ouvrier communiste. Celui-ci date de l’après-seconde guerre mondiale et s’est développé dans certaines enclaves industrielles précises, notamment en Meurthe-et-Moselle, selon des règles bien connues des sociologues et des historiens. Ne pas commencer un reportage sur La Lorraine en rappelant la diversité de son territoire, à commencer par la frontière culturelle et politique qui traverse la Meurthe-et-Moselle de la Moselle (annexée par l’Allemagne comme l’Alsace), la domination d’une Lorraine rurale (très visible en Meuse ou dans les Vosges), ou le développement du paternalisme comme mode de gestion de la main-d’œuvre industrielle par des patrons chrétiens, est une aberration.

C’est essentiellement dans le bassin de Briey (des mines de fer au secteur sidérurgique de Longwy-Villerupt) que l’on trouvait l’implantation la plus forte du parti communiste en milieu ouvrier. Celle-ci s’est construite autour de l’immigration italienne (économique et antifasciste) des années 1930 aux années 1970. Cette quasi loi sociologique qui identifie un lien entre origine italienne et vote communiste ne fonctionne que dans les espaces où cette immigration a été massive, très ancienne et en provenance des zones de l’Italie centrale déjà très marquées par le socialisme italien. C’était le cas dans le nord de la Meurthe-et-Moselle.

Ce n’était pas le cas dans la Vallée de la Fensch (et donc à Gandrange) où l’on trouvait une immigration italienne moins massive, plus récente (années 1950) et en provenance du sud de l’Italie (dominé par la démocratie chrétienne). Cela n’empêchait pas les communes du nord de la Moselle au contact des zones plus rouges de la Meurthe-et-Moselle de connaître leur influence à l’inverse des zones charbonnières de l’est et du nord de la Moselle où l’on trouve une classe ouvrière plutôt conservatrice (notamment dans la Moselle germanophone).

La réticence de la Moselle à l’égard de la gauche a aussi été alimentée par l’épisode malheureux des dizaines de milliers de jeunes mosellans obligés de servir dans l’Armée allemande avant de se retrouver dans le goulag de Tambow. A cette particularité historique, il faut en ajouter une seconde. Aux Français de l’Est obligés de quitter l’Alsace-Lorraine en 1870, on a fait miroiter « les terres promises » d’un nouvel eldorado « français » : l’Algérie. Ce qui explique le niveau très élevé de sympathisants pro « Algérie française » en Moselle à la fin de la guerre d’Algérie et les actions criminelles de l’OAS comme des gardes d’usine tout occupés à la chasse des militants FLN dans des établissement industriels qui ne pouvaient pourtant fonctionner sans la présence de milliers de travailleurs algériens.

Terre de droite labourée par des gens de droite, on s’étonne à peine de voir aujourd’hui le discours nationaliste et xénophobe du Front National s’épanouir à merveille dans des espaces écrasés par trente ans de dérégulation sociale, de licenciements et de baisse des salaires ouvriers.

Si le Front National mime volontairement ce que fut le parti communiste en s’adressant aux ouvriers (on rappellera que le « Front national » est historiquement le nom du parti communiste dans la Résistance à l’occupant nazi. Sa récupération par Le Pen dans les années 1970 est une belle opération de manipulation politique), il n’en demeure pas moins un parti réactionnaire qui n’a que le mot « peuple » à la bouche, car il est bien loin de défendre les intérêts de classe du monde ouvrier. Sa vision du monde, comme ses propositions sont rétrogrades et antidémocratiques.

Alors, la question demeure, pourquoi ce titre ? Pourquoi « du rouge au front », si visiblement le reportage, sans le savoir, ne fait qu’enregistrer en fait de passage du « communisme au Front National », le passage de la droite à l’extrême-droite ?

La thèse n’est pas nouvelle, elle reproduit ce que l’on répétait déjà dans les commentaires politiques au milieu des années 1980 : l’idée que les « deux extrêmes se rejoignent ». Elle-même reproduction de la vulgate éditoriale du « totalitarisme » très en vogue dans les années 1970 (notamment au sein de la gauche anticommuniste) qui consistait à dire « il existe un fascisme rouge, ça s’appelle le communisme ». Le mur est tombé mais l’invitation au passage demeure qui prend encore d’autres formes, notamment cette idée qui consiste à renvoyer dos à dos « populisme de droite » et « populisme de gauche » ou à réduire les débats d’idées à la fonction tribunicienne des partis dits « ouvriers ». Le Front National jouerait le rôle d’exutoire pour une classe ouvrière broyée par la mondialisation comme le PCF l’avait fait en son temps. C’est faire abstraction de la radicale opposition des idées et des valeurs portées par ces deux partis.

Il n’y a rien de commun entre le « rouge » et le « Front » car il n’y a rien de commun entre le progrès social, la démocratie et l’élévation économique pour tous et le nationalisme étroit, la bêtise xénophobe, le retour en arrière, la régression sociale. Mais, il y a intérêt pour une chaîne d’informations comme France Inter qui vise le public « moyen » de lui proposer une analyse « modérée » du monde et de ses enjeux.

Renvoyer ce que fut la gauche communiste à ce qu’est aujourd’hui le front National, c’est discréditer le combat passé des ouvriers communistes pour la démocratie et le progrès social, c’est aussi discréditer par avance le combat politique de ceux qui estiment que l’alternative à la crise du capitalisme réside dans la transformation du système actuel et non dans son aménagement.

Fabrice Montebello

Source : Bellaciao

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 12:23

http://www.naturepixel.com/esplanade_des_invalides_3.jpgRien ne les arrête, ni donner des noms de places, d’avenues ou de ronds-points à ce général tortionnaire ni d’attribuer la Légion d’Honneur à un activiste de l’OAS…

Et à présent le ministre de la défense annonce que les cendres du général Bigeard vont être transférées aux Invalides. Ben voyons ! « A bas l’intelligence, vive la mort ! » avait dit un général franquiste pendant la guerre d’Espagne. Nous sommes ici dans le même registre. Bigeard était, avec ses fameuses « crevettes », un professionnel des exécutions sommaires ! Ça mérite bien les Invalides, à défaut du Panthéon !

Bigeard est honoré pour ce qu’il est, un baroudeur des guerres coloniales, que ce soit en Indochine ou en Algérie, tout ce que je déteste ! Et que je déteste d’autant plus qu’à vingt ans on m’a, merci Guy Mollet, merci – certes à un degré moindre – Jacques Duclos, merci De Gaulle…  fait perdre vingt six mois de ma jeunesse pour que flotte, sans résultat notable d’ailleurs, le drapeau français aux confins du Sahara !

Ce transfert des cendres de Bigeard aux Invalides n’est à coup sûr pas étranger à la politique de la canonnière (ou plus exactement sans doute des frappes aériennes et terrestres) à laquelle conduit un système économique et social fondé sur la morale de la fable « Le loup et l’agneau », à savoir « la raison du plus fort est toujours la meilleure ! »

Bigeard aux Invalides participe de la même conception qui envoie un corps expéditionnaire en Afghanistan, un autre en Libye ou en Côte d’Ivoire et nous prépare psychologiquement à entrer militairement en scène en Iran ou ailleurs.

L’opération s’inscrit dans la politique de course à l’armement, nucléaire en priorité, qui se traduit pour l’année 2012 par une augmentation de 2,4% du budget de la défense.

Il faut ce qu’il faut, dussent certains des futurs voisins de la dépouille de Bigeard avoir un haut le cœur en la voyant prendre place à côté d’eux !

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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 07:39

http://storage.canalblog.com/79/17/216743/32886511_p.jpgCe 25 novembre sera la seconde journée contre les violences faites aux femmes en France dans le cadre de la journée internationale de l’ONU. Elle est l’occasion de réaffirmer qu’en 2011, une femme meurt encore tous les trois jours sous les coups de son conjoint.

Ces chiffres, malgré la volonté affichée par le gouvernement qui a fait de la lutte contre les violences faites  aux femmes ˋˋune grande cause nationale pour l’année 2010ˊˊ, sont la preuve que le chemin à parcourir pour les endiguer reste long.

Des mesures ont pourtant été prises par l’Assemblée Nationale en juillet 2010, comme la possibilité pour un juge d’éloigner en urgence l’auteur des violences du domicile conjugal ou encore la création du délit de harcèlement au sein du couple.

Cependant, le nombre de femmes victimes de violence qui osent porter plainte est estimé à 8%.  Dès lors on mesure à quel point des progrès doivent encore être réalisés. En effet, malgré l’annonce  spectaculaire” du gouvernement sur ce sujet, les moyens manquent afin d’offrir une réelle prise en charge des victimes et un suivi des auteurs de ces violences. Pourtant, des solutions existent pour renforcer la protection apportée aux femmes victimes de ces violences mais aussi pour promouvoir l’égalité en luttant contre les préjugés sexistes. Par exemple, ces questions pourraient être intégrées aux cours d’éducation civique, comme l’a proposé la députée communiste Marie-George Buffet en 2010. Mais comme pour l’accueil ou le suivi des victimes, encore faut-il se donner les moyens de la mise en œuvre….

 

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